Avion : pourquoi les hublots ont-ils tous un minuscule trou en bas ?

Vous l’avez forcément remarqué en vol : en bas de chaque hublot se trouve un minuscule trou de quelques millimètres. Loin d’être un défaut de fabrication ou un oubli, cet orifice joue un rôle de sécurité et contribue à garder la vue dégagée.

Avion : pourquoi les hublots ont-ils tous un minuscule trou en bas ?



Un hublot composé de trois couches

Contrairement aux apparences, un hublot n’est pas une simple vitre. Il est constitué de trois couches formant une épaisseur totale de 22 millimètres. La première, celle que l’on peut toucher du doigt, est un simple morceau de plastique décoratif de 4 millimètres, destiné à éviter que les passagers ne rayent la véritable fenêtre.

Derrière, deux vitres très résistantes sont séparées par une chambre d’air de 6 millimètres. C’est la vitre extérieure, d’une épaisseur de 12 millimètres, qui encaisse la plus grande partie des contraintes pendant le vol.

Le rôle du « trou de respiration »

Le petit orifice, appelé « trou de respiration », se situe sur la vitre du milieu. Il permet de gérer la différence de pression entre l’intérieur de l’avion, où l’air est maintenu artificiellement pour que l’on puisse respirer, et l’extérieur, où l’air est glacial et très rare. L’air de la cabine traverse la première couche, s’engouffre dans le trou et vient appuyer directement contre la vitre extérieure. Grâce à ce flux, la vitre du milieu reste préservée de toute usure prématurée.



La vitre extérieure subit une pression continue de 100 à 200 kilos, exercée par l’altitude. Si cette vitre venait à exploser lors d’un incident très rare, le trou jouerait le rôle de soupape. La vitre intermédiaire, restée intacte, prendrait alors le relais pour contenir la pression de la cabine. Le trou étant minuscule, l’air ne s’échapperait qu’au compte-gouttes, ce qui laisserait largement le temps au pilote de faire descendre l’avion à une altitude plus basse en toute sécurité.

Ce petit trou a également une seconde fonction : il évacue l’humidité qui s’accumule entre les couches de verre et de plastique. Sans lui, le double vitrage se couvrirait de buée ou de givre à cause des températures glaciales de la haute atmosphère, et les passagers ne verraient plus rien. Si, lors d’un vol long-courrier, vous apercevez un peu de glace autour du trou, il n’y a pas lieu de s’inquiéter : cela montre simplement que le système fonctionne parfaitement.